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Semaine canadienne de la démocratie

 

Blogue de la Semaine canadienne de la démocratie


Ma première fois

Cathy Wong YMCA of Québec Logo

Cathy Wong
Agente de développement du secteur jeunesse
YMCA du Québec
@cathywongcw


Ma première fois, c'était dans un sous-sol d'église. J'attendais ce moment depuis si longtemps. Il était environ 18 h, c'était une belle journée de printemps et le soleil commençait à se coucher. Au moment d'entrer dans l'église, j'étais seule. J'ai descendu les escaliers de béton et je me suis mise à chercher nerveusement mon lieu de rencontre. Je venais d'avoir 18 ans et j'attendais avec impatience ma première fois.

Et vous, vous souvenez-vous de votre première fois au bureau de vote?

Dix ans plus tard, je me retrouve au YMCA entourée de jeunes âgés de 17 et 18 ans qui vivront leur première fois aux élections fédérales de 2015. Je profite de ma journée pour jaser avec eux afin de renforcer leur motivation à aller voter.

À ma grande surprise, ils m'ont tous affirmé qu'ils iraient voter aux prochaines élections. Or, en 2011, les deux tiers des électeurs qui obtenaient le droit de vote pour la première fois ne s'étaient pas présentés aux urnes. Au départ, je me suis demandé si les jeunes me répondaient par l'affirmative uniquement pour me faire plaisir. Mais, au fur et à mesure de nos échanges, j'ai constaté qu'ils y tenaient réellement.

Pourquoi iras-tu voter, leur ai-je demandé? Sans hésitation, Emma, une jeune fille de 17 ans d'origine philippine, m'a répondu : « Pour moi, voter, c'est comme choisir son futur ». Elle me raconte que sa mère lui a déjà expliqué que tous les citoyens doivent faire leur « job ». Sa meilleure amie Olivia poursuit la réflexion de sa copine en affirmant qu'elle ira voter « pour avoir une influence sur les décisions de ma société ». Cette jeune fille revenait d'un voyage avec sa famille à Boston et portait fièrement le chandail de l'Université Harvard qu'elle avait acheté en souvenir. Même si la situation financière de sa famille est précaire, elle rêve de faire des études universitaires un jour.

Et si, le jour du vote, votre ami vous disait qu'il n'irait pas voter, que vous lui répondriez-vous? Cette fois, je suis en compagnie de Liam, un jeune d'origine chinoise. « Je lui répondrais : c'est notre avenir qui est en jeu! Si tu veux des changements, lève-toi et vote. Si tu ne votes pas, et que tu n'es pas content, alors ne te plains pas! » Liam a tout juste 18 ans et il vient d'obtenir son diplôme d'une école pour jeunes décrocheurs. Il me confie qu'il a réussi son secondaire avec une note de 60,1 %.

Alexis, un jeune de 17 ans d'origine ukrainienne, est plutôt pragmatique. Il reconnaît que son vote pourrait ne faire aucune différence, mais il conclut tout de même que « Si tu ne votes pas, tu feras encore moins de différence! »

Finalement, avez-vous hâte à votre première fois? Olivia sourit et répond spontanément par un « oui! », mais Alexis semble plutôt partagé : « J'ai déjà vu mes parents le faire et ça n'a pas l'air excitant du tout, mais par contre, le fait de pouvoir faire une différence me donne la motivation de voter ». Quant à Liam, il répond tout simplement : « J'sais pas si j'ai hâte, mais ce jour-là, c'est clair que je me lèverai le derrière pour aller voter! »

Bien sûr, Emma, Alexis, Liam, et Olivia ne sont pas représentatifs de tous les jeunes Canadiens. Mais ils représentent cette portion de jeunes qui voteront pour la première fois à l'automne 2015. Alors qu'en 1968, le taux de participation des électeurs votant pour la première fois était de deux tiers, 45 ans plus tard, ce même taux a chuté. De nos jours, seulement un premier électeur sur trois se rend aux urnes. Si rien n'est fait pour renverser cette tendance, la situation pourrait s'aggraver. Des études montrent que les jeunes développent l'habitude de voter lorsqu'ils le font au cours des deux premières élections pour lesquelles ils sont habilités à voter. Si ces premiers rendez-vous sont manqués, il est plus probable que ces jeunes électeurs potentiels ne se présenteront pas aux urnes en vieillissant.

Est-ce parce que les jeunes ne voient plus la politique comme vecteur de changement ou parce qu'ils ont perdu le sens du devoir citoyen? Peu importe les réponses, les jeunes que j'ai rencontrés aujourd'hui m'ont redonné de l'espoir. Et pendant un moment, j'ai rêvé que je les embarquais tous dans un autobus pour qu'ils fassent campagne et incitent d'autres jeunes Canadiens à vivre à l'automne 2015 leur première fois.


La démocratie : se l'approprier et agir

Katelyn McDougall SFU Public Square Logo

Katelyn McDougall
Coordonnatrice de l'engagement et des programmes, SFU Public Square [Place publique, Université Simon Fraser]
@katemac22
@sfupublicsquare

S'approprier la démocratie signifie « agir ». D'abord en s'engageant pour une cause qui nous tient à cœur, puis en cherchant des occasions de collaborer avec d'autres personnes. J'ai toujours été convaincue que s'approprier la démocratie signifiait également créer un espace pour la collaboration. Par exemple, quand je travaillais pour la Fédération canadienne des étudiantes et étudiants en Colombie-Britannique, j'ai pris part à la campagne « Rock the Vote » [Sortons le vote], et j'ai eu la chance de discuter avec les étudiants de toute la province sur le vote chez les jeunes.

La démocratie, ce n'est pas seulement de voter lors d'une élection. Bien sûr, le vote est une manière concrète de mesurer la santé d'une démocratie. Toutefois, la santé d'une démocratie dépend de l'engagement continu de la communauté et des échanges actifs qui prennent place entre les citoyens, les amis et la population en général.

Pour ma part, j'ai trouvé une autre façon de m'approprier la démocratie : je me suis inscrite dans un établissement d'enseignement postsecondaire qui correspond à mes valeurs fondamentales. En effet, lorsque j'ai pris la décision de fréquenter l'Université Simon Fraser pour faire ma maîtrise en études urbaines, c'était parce que j'avais trouvé une université qui était engagée à la promotion de la collaboration interdisciplinaire et l'engagement civique. Étant donné que je suis étudiante en études urbaines, ces éléments sont très importants pour moi! La mission de cette université de s'ouvrir sur les enjeux internationaux aide à créer une société plus démocratique, en particulier grâce au travail du groupe Place publique, Université Simon Fraser, et je savais que je voulais y prendre part.

Place publique, Université Simon Fraser est une initiative phare conçue pour créer, entretenir et rescinder les liens communautaires. Cette tribune est considérée comme un endroit où l'on peut converser de façon sérieuse et fructueuse sur des enjeux publics. Le travail du groupe ne consiste pas seulement à fournir un endroit ou un programme unique. De manière à refléter la véritable démocratie, c'est un endroit qui rassemble les cœurs, les esprits et les talents des diverses communautés afin d'encourager les discussions inclusives, intelligentes et inspirantes.

Cette année, le groupe a mis l'accent sur un thème précis, l'innovation. Le sommet de 2014 s'intitule Innovation : Le choc des possibles et se tiendra du 19 au 24 octobre à Vancouver, Burnaby et Surrey. Pour moi, des activités comme celles-ci permettent la communication entre les universités et la communauté, et démontrent l'importance du discours public et de la discussion. Les étudiants peuvent donc y apprendre les principes de la démocratie dans un esprit de libre quête, qui est en soi une grande valeur dans ce type de système politique.

Dans mon travail au sein du groupe, j'ai la chance de mettre en place les conditions propices à la conversation et par la suite de contribuer à la culture démocratique. Selon Platon, le début d'un travail est la plus importante partie de celui-ci. Je ne suis pas d'accord. Je crois plutôt que le gros du travail se fait sur le plan de la participation continue, et cela requiert un peu plus d'effort de la part de tous. Selon moi, dans un système démocratique, la participation active est nécessaire pour que le système fonctionne. Si nous, les citoyens, délaissons notre culture démocratique, alors la démocratie n'existe tout simplement pas chez nous.


D'ailleurs, je suis aussi d'ici!

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Groupe Femmes, Politique et Démocratie
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Groupe Femmes, Politique et Démocratie aide les néo-Canadiens à s'approprier leur démocratie au moyen d'un nouveau programme offert dans la région de Québec. Le programme aide les néo Canadiens à mieux comprendre la démocratie canadienne, le processus démocratique et la façon de devenir des citoyens informés et actifs. Essentiellement, ce programme met en pratique le thème de la Semaine canadienne de la démocratie de 2014 : « La démocratie, ça vous appartient! ».

Descriptif détaillé : Le Groupe Femmes, Politique et Démocratie (GFPD) offre cette formation aux organisations responsables de la francisation dans la Capitale‐Nationale (Québec – Charlevoix – Portneuf) afin de rejoindre les personnes immigrantes en fin de parcours de francisation. Nous offrons également la formation aux responsables de l'intégration qui en ont manifesté l'intérêt dans les dernières années.

Objectifs

L'objectif général de l'atelier de sensibilisation est de favoriser l'intégration citoyenne des personnes des communautés culturelles dans leur milieu de vie, notamment au sein d'organismes communautaires ou dans les structures de la société civile de leur région.

À partir du contenu du documentaire et du livre D'Ailleurs, je suis aussi d'ici, l'atelier vise à sensibiliser à la fois les personnes immigrantes et la population en général sur les enjeux et défis de l'immigration dans la région de la Capitale-Nationale et à favoriser leur engagement citoyen par l'entremise des témoignages présentés.

La formation vise à acquérir des connaissances sur la démocratie, notamment sur la participation citoyenne, sur les diverses formes et lieux d'implication (niveau local et régional) et outiller pour que l'engagement citoyen participe à l'intégration.

Contenu de la formation

La formation vise à amener les participants et participantes à comprendre comment l'engagement citoyen constitue une voie facilitant l'intégration dans la société d'accueil. La première partie permet de présenter quelques repères sur l'immigration au Canada et de brosser un portrait de l'immigration dans la région de la Capitale-Nationale. Les deuxième et troisième parties de la formation permettent d'aborder des balises pour l'engagement citoyen, notamment à l'aide du documentaire et du livre. S'en suivent une réflexion et un débat‐discussion avec les participants sur les notions d'engagement, de convergence et d'appartenance.

La formation est dédiée aux groupes suivants :

  • Nouveaux arrivants
  • Personnes responsables de l'intégration des nouveaux arrivants
  • Personnes immigrantes en fin de parcours de francisation
  • Milieu de l'éducation (intervenants CPE)
  • Place aux jeunes
  • Municipalités
  • Organismes de loisirs
  • Intervenants en entreprenariat (CLD, SADC, CLE, syndicats, CDC)
  • Tables de concertation d'organismes communautaires en santé et services sociaux
  • Organismes communautaires (milieux femmes, santé, famille, éducation populaire, maisons d'hébergement)
  • Québec en forme
  • Intervenants de Carrefours jeunesse emploi

Et autres personnes intéressées!

Comment obtenir une présentation?

Contactez Clara Benazera par courriel cbenazera@gfpd.ca. Les présentations sont sans frais pour les écoles et les organismes. Nous assumons les frais de déplacement et apportons le matériel nécessaire à la présentation. Vous devez fournir le lieu de la rencontre, vous assurer qu'il y a un écran et mobiliser les personnes souhaitées.

projet en cours jusqu'en décembre 2015

Réalisé avec le soutien du Directeur général des élections du Québec (DGEQ)


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Volet d'intervention : Démocratie et participation citoyenne

Titre du projet : D'ailleurs, je suis aussi d'ici! – S'intégrer par l'implication

Type de projet : Formation en sensibilisation interculturelle et à l'apport de l'implication citoyenne.
Durée : 1 h 30.

À l'heure où le Québec et la région de la Capitale‐Nationale accueillent un nombre grandissant de nouveaux citoyens issus de l'immigration, nous estimons essentiel de favoriser l'intégration, l'ouverture aux autres et le rapprochement. L'implication dans son milieu est une avenue prometteuse, tant pour les gens d'ici que pour les nouveaux citoyens.

Clientèle visée : nouveaux arrivants; intervenants et gestionnaires

Pour information : Clara Benazera cbenazera@gfpd.ca ou info@gfpd.ca


En démocratie, comme dans la vie, ce sont les petites choses qui comptent

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Samara
@SamaraCDA


Que signifie « être politisé »?

Si on se fiait seulement aux péripéties racontées dans les émissions télévisées « Le Château de cartes » ou « À la Maison-Blanche », nous pourrions supposer que la politique est un sport extrême consistant à se faire élire et un jeu de gouvernance où les pions carburent à l'adrénaline. Dans le monde de C. J. Cregg et de Frank Underwood, chaque discussion donne lieu à des changements planétaires et chaque décision a une portée monumentale. Toutefois, en cette semaine de la démocratie, il est important de se souvenir que la politique n'est pas seulement un jeu de coulisses ou un avantage numérique bien maîtrisé. En effet, pour qu'un candidat se fasse élire, le travail de centaines de personnes est nécessaire. Faites-nous confiance, nous avons posé la question. Nous interviewons régulièrement les gens ayant une carrière politique intéressante afin de savoir comment ils sont arrivés à gravir les échelons.

Et quels sont les deux éléments de réponse qui reviennent? Il s'agit de quelque chose de plus simple que les manœuvres diaboliques décrites dans « Le Château de cartes ». La majorité des députés et du personnel parlementaire que nous avons interviewés nous ont mentionné qu'ils ont parlé de politique à la table avec leurs parents et ils ont fait du bénévolat pour un parti lors d'une campagne électorale.

Ces simples actions, qui consistent à parler de politique et faire du bénévolat pendant une campagne, sont les types d'activités de tous les jours qui contribuent à faire avancer la démocratie. Frapper aux portes, lancer des pétitions, parler de sujets importants sont des actions politiques discrètes, mais qui contribuent à créer des actions plus visibles, à plus grande portée, comme la tenue d'élections et la prise de décision. En fait, il y a une multitude d'autres façons de participer à la vie politique, mis à part le fait d'aller voter ou de se présenter comme candidat pour un parti.

C'est pourquoi nous avons décidé de souligner le travail discret de certaines personnes en lançant un concours intitulé « Everyday Political Citizen Project » [Le travail discret d'un citoyen politisé]. Voici le nom de personnes s'étant distinguées grâce à leur travail :

  • Israt Ahmed : mère de famille de Toronto qui cuisine les plats favoris de sa fille le jour d'une élection pour s'assurer qu'elle sera en ville et en forme pour aller voter.

  • Pascale, Tristan et Cayley : étudiants de Whitehorse ayant lancé une pétition pour conserver le gymnase de leur école secondaire; ils ont inspiré d'autres étudiants qui se sont ralliés à la cause, faisant en sorte que le dossier est monté jusqu'au gouvernement provincial.

  • Arezoo Najibzadeh : citoyenne qui passe ses soirées à frapper aux portes de ses voisins afin de leur parler du candidat en qui elle croit.

    Si vos parents ne parlent pas de politique à table, ne vous inquiétez pas, vous n'êtes pas condamné pour autant à errer pour toujours à l'extérieur de la sphère politique et incapable d'y participer. Lorsque nous avons interviewé le conseiller municipal de Toronto Mike Layton au sujet de son travail, il nous a dit que la meilleure façon de devenir engagé en politique est simplement d'avoir à cœur un sujet.

    Prenez par exemple le cas de Leesee Papatsie, une citoyenne politisée au travail discret. Leesee, qui avait de la difficulté à nourrir sa famille en raison du prix extrêmement élevé de la nourriture dans le Nord canadien, était inquiète. Elle a donc créé le groupe Facebook « Feeding My Family » [Nourrir ma famille], ce qui lui a permis de communiquer avec d'autres personnes qui avaient la même préoccupation. Plus tard, elle s'est portée candidate à l'élection générale du Nunavut. Elle n'a pas été élue, mais elle et son équipe ont réussi à faire connaître le problème du prix élevé de la nourriture.

    Cette année, le thème de la Semaine de la démocratie au Canada est « La démocratie, ça vous appartient ». Comment peut-on le mieux s'engager pour la démocratie? Se préoccuper d'un sujet qui nous tient à cœur, quel qu'il soit, puis passer aux actes, si minimes soient-ils. C'est ce que nous appelons la démocratie. Ce n'est pas toujours facile, car agir demande du temps. Et c'est pourquoi nous croyons que si vous le faites, ça mérite d'être souligné.

    Connaissez-vous quelqu'un qui prend le temps de se politiser et de se mobiliser pour une cause qui lui est chère?

    Proposez cette personne comme candidat au concours « Travail discret d'un citoyen politisé ».

    Vous pouvez suivre Samara à @SamaraCDA et proposer une candidature à son concours « Les citoyens politiques au quotidien », à www.everydaypoliticalcitizen.com.


    C'est ainsi que l'on perpétue la démocratie


    Lisa Hemmingson Young Women Civic Leaders Logo

    Lisa Hemmingson
    Assistante de projet, Jeunes femmes leaders civiques
    Vancouver (C.-B.)
    @YWCL1


    À la fin du mois de janvier dernier, j'ai présenté un exposé devant une classe de 12e année à l'école secondaire North Surrey. Mes collègues et moi du Comité des jeunes femmes leaders civiques (JFLC) donnions un atelier sur l'équité en matière de représentation au sein du gouvernement et en matière d'engagement chez les jeunes dans la communauté. Bien qu'il s'agisse d'un sujet complexe, les étudiants ont tout de suite compris de quoi il s'agissait. Ils nous ont expliqué pourquoi c'était important que des jeunes leaders fassent partie du gouvernement; de plus, ils en ont profité pour nous dire ce qui changerait à Surrey s'ils étaient élus. Ils connaissaient leur ville et leurs priorités.

    Néanmoins, lorsque je leur ai demandé combien d'entre eux iraient voter à 18 ans, moins de 10 sur 40 ont levé la main.

    La plupart des gens croient que la démocratie est un trait essentiel de l'identité canadienne. Pourtant, les jeunes semblent penser que c'est au gouvernement de préserver la démocratie, et qu'ils n'ont pas de rôle à jouer sur ce plan. Ils ont l'impression que les décisions politiques ne les concernent pas, étant donné qu'ils sont trop jeunes ou peu expérimentés. Toute personne ayant travaillé avec ce groupe sait qu'il s'agit là d'une fausseté propagée à leur endroit; il faudrait plutôt les encourager à être fiers de leur expérience toute spéciale de jeunes citoyens ou citoyennes. Le sentiment chez les jeunes d'être exclus des rouages officiels du gouvernement est l'une des principales raisons pour lesquelles ils ne sont pas aussi engagés qu'ils le pourraient et que bon nombre d'entre eux montrent de l'apathie quand vient le temps de se rendre aux urnes. C'est exactement pourquoi les groupes comme Jeunes femmes leaders civiques sont si importants : ils éduquent, mobilisent et fournissent de riches occasions à la jeunesse canadienne.

    Les activités de JFLC s'inscrivent dans un projet de deux ans dirigé par la Justice Education Society of BC [société d'études juridiques de la C.-B.] et financé par Condition féminine du Canada. Ce projet a vu le jour avec le but de promouvoir et d'encourager la participation des jeunes femmes à la vie civique, politique et communautaire, à tous les niveaux. Par le biais de recherches menées en partenariat avec des étudiants de l'Université Simon Fraser, nous nous sommes rendu compte que les jeunes en général sont confrontés à un grand nombre d'obstacles qui nuisent à leur participation citoyenne, mais que les femmes sont confrontées à un nombre encore plus élevé. Notre comité, composé de dix jeunes femmes et de trois membres dirigeants, crée des occasions pour la jeunesse en général et pour les jeunes femmes en particulier de Burnaby, Surrey et Tri-Cities, afin de pouvoir s'engager et s'exprimer sur les sujets qui les intéressent. Autrement dit, le comité aide la jeunesse en général, et les jeunes femmes en particulier à participer à la vie démocratique.

    Le comité JFLC promeut l'engagement civique au moyen d'un ensemble d'activités tenues par les jeunes. Ses membres discutent avec ceux de la communauté au cours d'activités qu'ils ont organisées, présentent des ateliers dans des écoles secondaires et des universités, en plus de travailler avec des intervenants dans des hôtels de ville et des membres de diverses organisations communautaires. Nous avons lancé une campagne dans les médias sociaux appelée #MsMayor [Mme la maire] : il s'agit d'une tribune où les jeunes femmes expliquent ce qu'elles feraient si elles étaient élues maires de leur ville dans Twitter, Facebook et Instagram. Notre site Web Youth City dresse une liste des occasions qui permettent à tous les jeunes de participer à la vie civique, et présente un nombre de ressources relatives à l'engagement civique et à la représentativité équitable des femmes au sein du gouvernement. Des activités et moyens de la sorte permettent aux jeunes de comprendre qu'il est important de participer à la vie civique.

    Après avoir donné mon atelier à l'école secondaire North Surrey, j'aurais pu me décourager par le petit nombre d'étudiants ayant l'intention d'aller voter. Mais j'ai gardé mon optimisme grâce à ceux ayant affirmé vouloir y aller, ceux-là mêmes qui ont expliqué devant toute la classe pourquoi : « C'est notre droit en tant que Canadiens. » « C'est en allant voter que nous pouvons faire passer notre message. » « C'est de cette manière que nous allons préserver notre démocratie. »

    Pourquoi ce dialogue a-t-il été si spécial? Tous les étudiants ont participé à l'une des plus importantes conversations que nous puissions avoir à titre de Canadiens, soit la conversation sur le droit de vote. Et leurs propos étaient passionnés. Le droit de vote, ils se le sont approprié.


    La démocratie canadienne évolue


    Paria Saremi Jeunes femmes leaders civiques

    Paria Saremi
    membre du Comité des jeunes femmes leaders civiques
    @YWCL1


    La démocratie canadienne est en transformation, et à cet égard, les changements sont très positifs. Pourquoi? Parce que l'on voit de plus en plus de Canadiens de tout âge et de tout horizon s'engager politiquement. Ils veulent s'approprier la démocratie, en prenant part au « système », selon leurs besoins. Parmi tous les segments de la population canadienne, ce sont les jeunes qui se sont le plus éloignés de l'engagement politique dans sa version traditionnelle. Notamment, ces derniers ont grandement contribué à l'essor de l'Internet – avec tout ce qu'il apporte – comme nouveau moyen d'expression politique pour la population du pays. Entre autres par la signature de pétitions en ligne, le partage de liens dans les médias sociaux et la promotion d'événements sur le Web, les jeunes sont devenus les pionniers de l'utilisation d'Internet comme tribune politique. Malgré leur faible participation aux élections municipale et fédérale, il est rassurant de savoir que les jeunes souhaitent tout de même vivement s'exprimer sur la gouvernance de leur pays. Il n'en reste pas moins que l'on pourrait ouvrir un débat sur l'efficacité de l'engagement politique sur Internet, la tribune de prédilection des jeunes.

    Certains sont d'avis que l'idéal recherché, soit la démocratie totale, est un état que l'on ne peut jamais atteindre, mais que l'on doit sans cesse rechercher. Ainsi, chaque fois qu'un pays franchit une étape vers l'atteinte de la démocratie totale, ce pays se rapproche de l'engagement idéal, selon la définition du mot « démocratie », qui est à peu près la suivante : représentation adéquate et équitable de l'ensemble de la société dans le cadre du processus politique. Par conséquent, comme les jeunes ont commencé à se mobiliser politiquement sur Internet et que la population en général fait de même grâce à ce nouveau moyen très accessible, la démocratie canadienne continue d'avancer. En vérité, la démocratie la plus robuste est peut-être celle permettant à la population de s'exprimer et de s'engager politiquement par le plus grand nombre de moyens qui soient. Plus il y a de moyens, et mieux ils reflètent les besoins et préférences d'une société marquée par la diversité, au sein de laquelle tout un chacun choisit de participer au « système » à sa façon.

    Bien sûr, faire l'éloge de l'engagement politique en ligne ne veut pas dire que tous les messages d'expression politique sont égaux. La réalité est que, en ce moment du moins, les moyens traditionnels sont souvent plus efficaces pour créer des changements concrets. Par exemple, un groupe donné ne peut pas influer sur les résultats d'une élection si les membres de ce groupe ne se présentent pas aux urnes. Cependant, on ne peut pas ignorer les répercussions de l'engagement virtuel de ce même groupe. C'est un fait que les activités virtuelles, qu'il s'agisse de mouvements, de campagnes, de pétitions ou de protestations, influent grandement sur le comportement des élus. L'engagement politique virtuel peut-il remplacer le vote? Cela est une tout autre question.

    En outre, il est vrai également que nous ne rendrions pas justice aux jeunes Canadiens si nous tenions pour acquis que les jeunes s'expriment politiquement en ligne en raison d'un manque d'ouverture d'esprit. En effet, ces jeunes n'ont, d'aucune façon, limité leur apport à la démocratie. Il ne manque pas de jeunes qui se font entendre par les modes traditionnels de participation citoyenne. Par exemple, aujourd'hui au Canada, nous détenons le record du nombre de jeunes de moins de 30 ans siégeant au Parlement.

    En conclusion, les jeunes Canadiens participent à la démocratie en plus grand nombre que nous le croyons, et ont grandement contribué à l'essor d'Internet comme nouveau moyen de participation à la vie démocratique.


    Pour intéresser les jeunes à la démocratie : une réforme en profondeur


    Miriam Fahmy Institut du Nouveau Monde Logo

    Miriam Fahmy
    Institut du Nouveau Monde
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    Le déclin de la participation électorale des jeunes est une tendance lourde et profonde qui atteint maintenant un seuil important pour la démocratie. Pourquoi les jeunes ne se sentent-ils pas concernés par le processus démocratique? Si les jeunes s'abstiennent en si grand nombre de voter, c'est principalement à cause d'un manque d'intérêt envers la politique, lequel est largement tributaire d'un manque d'éducation civique. Que faire pour la stimuler?

    Pour renverser de manière durable la tendance à l'abstention électorale des jeunes, il faut une réforme en profondeur. L'Institut du Nouveau Monde (INM) propose de débattre d'une stratégie audacieuse composée de cinq grandes réformes, qui s'appuient sur une conception renouvelée de la démocratie, où la participation électorale est non seulement souhaitée, mais attendue et encouragée, et dans laquelle voter est plus qu'un droit, c'est un devoir et une responsabilité.

    1) Un cours obligatoire d'éducation à la citoyenneté en 3e secondaire

    L'éducation à la citoyenneté est le moyen le plus sûr d'intéresser les jeunes à la politique. Or la principale raison de l'abstention électorale des jeunes est qu'ils ne comprennent pas en quoi la politique est utile dans leur vie. Un cours obligatoire d'éducation à la citoyenneté devrait être donné en 3e secondaire, un moment où l'école est obligatoire, pour s'assurer que tout le monde y soit sensibilisé. De plus, une simulation de vote devrait être systématiquement offerte à tous les élèves, et ce, à chaque élection.

    2) Le droit de vote à 16 ans

    L'abaissement à 16 ans de l'âge où l'on acquiert le droit de vote se justifie dès lors. Le jeune vient de recevoir une éducation civique qui le prépare à exercer son droit de vote en connaissance de cause. Il est motivé et accompagné dans cette démarche. C'est ici que s'instaure le rite de passage civique que nous proposons. Tous les jeunes de 16 ans, toujours sur les bancs d'école, vont voter en même temps pour la première fois dans un contexte institutionnel (l'école) qui soutient cet engagement. Une célébration de l'obtention du droit de vote, semblable à celle accompagnant l'acquisition de la citoyenneté par les immigrants, devrait être instituée.

    3) Un service civique volontaire pour les jeunes de 16 à 24 ans

    Il est démontré que l'engagement et la participation suscitent encore plus d'engagement et de participation. L'engagement civique entraîne la participation électorale. Une façon de soutenir l'engagement et la participation des jeunes une fois qu'ils ont quitté l'école secondaire est de leur offrir la possibilité de servir leur communauté par un service civique (ou service citoyen) volontaire pour les jeunes de 18 à 24 ans. En cohérence, le service civique pourrait être offert à partir de la fin du secondaire.

    4) L'institution du vote obligatoire incluant la possibilité du vote blanc

    Pour bien marquer le fait que le vote n'est pas seulement un droit, mais un devoir, nous croyons qu'il y a lieu d'envisager de rendre le vote obligatoire, une formule qui existe dans une trentaine de pays dont la Belgique et l'Australie, des pays comparables au nôtre. Le vote obligatoire devrait permettre d'enregistrer les abstentions volontaires, par ce que l'on appelle le vote blanc, qui permet d'exprimer le rejet de tous les partis en lice si aucun ne satisfait ses aspirations. Le vote obligatoire aurait aussi pour effet d'obliger tous les partis à s'intéresser non seulement à leur clientèle acquise, mais à tous les citoyens, y compris les jeunes.

    5) L'instauration d'un mode de scrutin partiellement proportionnel.

    Enfin, les recherches indiquent que l'une des raisons pour lesquelles des jeunes ne vont pas voter est qu'ils ont le sentiment que leur vote ne compte pas s'ils appuient un tiers parti ou s'ils appuient un parti dominant, mais dont les chances de l'emporter dans sa circonscription sont faibles. En instaurant un nouveau mode de scrutin incluant une part de proportionnelle, les citoyens auraient le sentiment que leur vote compte.



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