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Semaine canadienne de la démocratie

 

Blogue de la Semaine canadienne de la démocratie

Le directeur général des élections du Canada, Marc Mayrand

Mr. Marc Mayrand

La Semaine canadienne de la démocratie constitue une excellente occasion de lancer une conversation d'envergure nationale sur les principes et les valeurs démocratiques. C'est grâce au dialogue que les idées progressent et que les gens prennent part à la vie citoyenne qui est à la base de la démocratie.

Chaque année, la Semaine canadienne de la démocratie dépend de la participation d'un groupe diversifié de partenaires de partout au pays, lesquels démontrent tous un intérêt soutenu pour la démocratie et s'y investissent de façon constante. Élections Canada a invité certains de ces partenaires à se joindre à la conversation en publiant dans ce blogue des entrées qui décrivent leurs activités et leur intérêt particulier pour la Semaine canadienne de la démocratie.

Je vous invite à lire ces histoires, à les diffuser dans les médias sociaux et à les utiliser pour alimenter vos propres conversations – avec vos amis, votre famille, votre réseau ou vos collègues.

Rappelez-vous que nous détenons tous une part du système démocratique canadien et avons tous un rôle à jouer afin qu'il continue de prospérer. L'une des façons d'atteindre ce but est de participer à la conversation.

Marc Mayrand
Directeur général des élections du Canada


Entrevue avec la stagiaire d'été Roya Shams

Roya Shams

Roya Shams
Le Forum pour jeunes Canadiens
@forum4YC

Le Forum pour jeunes Canadiens, un programme de la Fondation pour l'étude des processus de gouvernement au Canada, est fier d'accueillir sa nouvelle stagiaire d'été, Roya Shams. Roya s'intéresse vivement à la politique et est bien informée sur les enjeux mondiaux. Elle a grandi en Afghanistan, mais sa persévérance et sa volonté de recevoir une bonne éducation l'ont menée au Canada. Roya espère pouvoir un jour étudier en science politique et en droit. En participant au Forum pour jeunes Canadiens en mars 2013, elle a découvert toutes les facettes du gouvernement fédéral du Canada, ce qui a accru encore davantage son intérêt pour les processus démocratiques. Elle est un excellent exemple de la participation des jeunes à la politique et sait ce que c'est de ne pas avoir le droit de s'exprimer, de voter ou de prendre part à la vie politique.

  1. Qu'est-ce que la démocratie signifie pour vous?

    Selon moi, la démocratie est déterminée par la population, et chaque personne a sa propre voix.

  2. Pourquoi estimez-vous que la démocratie constitue un aspect important de la société?

    Je crois que la démocratie est l'aspect le plus important de la société, car elle rassemble les gens grâce à la discussion sur les enjeux politiques. La démocratie suscite aussi chez les gens un sentiment d'appartenance à leur société.

  3. Où voyez-vous des exemples concrets de la démocratie?

    Je vis au Canada depuis près de deux ans, et je vois des exemples concrets de la démocratie partout, surtout pour les femmes. Les femmes sont libres et ont les mêmes droits que les hommes. J'ai beaucoup appris sur la démocratie en participant au Forum pour jeunes Canadiens. Ce programme m'a permis de découvrir le fonctionnement de la démocratie au Canada, comme le processus de vote, les droits des femmes, la responsabilité de nos représentants au gouvernement fédéral et la possibilité pour chaque membre de la société de faire entendre sa voix.

  4. Selon vous, à quel point est-il important de voter aux élections?

    Il est très important de voter, car on peut choisir la personne que l'on estime être la meilleure pour diriger le pays. Les citoyens doivent voter pour que leurs dirigeants politiques servent les intérêts de la population.

  5. Que diriez-vous aux adolescents qui ne s'intéressent pas à la politique?

    Je leur dirais que la politique, ce n'est pas seulement le gouvernement. Nous vivons tous la politique au quotidien – c'est notre identité, notre histoire et notre culture. Alors, réunissons-nous pour en apprendre plus sur nous-mêmes et sur notre passé; nous sommes l'avenir de notre pays.

  6. Quelle est la chose la plus intéressante que vous avez apprise sur les jeunes du Canada?

    La chose la plus intéressante que j'ai apprise sur les jeunes du Canada est leur motivation à s'impliquer dans leur communauté. Les jeunes Canadiens sont accueillants et fiers de l'endroit d'où ils viennent.

Si vous souhaitez participer au Forum pour jeunes Canadiens et en apprendre plus sur la politique dans votre pays, visitez le site www.forum.ca.


La démocratie n'est ni acquise par osmose, ni innée; elle s'enseigne.

Stephen Young

Stephen Kagansky-Young
Fondateur et directeur général
Civics Education Network
@stephen_young
@CivicsNetwork

La démocratie n'est ni acquise par osmose, ni innée; elle s'enseigne. Personne ne vient au monde avec une compréhension immédiate de la démocratie ou de la manière d'y contribuer. Tôt ou tard dans notre vie, on nous montre, de façon générale ou dans un contexte particulier, notre rôle dans la vie démocratique et l'importance d'y participer. Nos instructeurs peuvent être nos parents, nos pairs, un organisateur politique, un coordonnateur de bénévoles ou, pour certains, un professeur.

En fait, la question devient : que vous a-t-on enseigné? La démocratie n'est pas simple; c'est beaucoup plus que « le pouvoir du peuple ». Pour mettre la démocratie en pratique et en tirer parti, vous devez avoir les connaissances et les compétences nécessaires. Il vous faut par exemple :

  • faire du réseautage et collaborer;
  • communiquer et défendre des causes;
  • comprendre les rouages du gouvernement;
  • voter et faire un choix éclairé;
  • effectuer des recherches;
  • promouvoir une activité ou une position;
  • mobiliser les gens;
  • écouter, débattre et faire des compromis.

Combien de ces aspects du fonctionnement démocratique de notre gouvernement et de nos communautés vous a-t-on enseignés? Vos professeurs du secondaire ont-ils abordé d'autres sujets que le vote? Ils vous ont peut-être expliqué la façon d'élire un premier ministre, mais avez-vous appris à organiser une manifestation ou à lancer une pétition? Ou à convaincre votre conseiller municipal d'apporter des changements pour le bien de votre communauté?

Le thème de la Semaine canadienne de la démocratie est « S'engager dans la démocratie ». Pour faire de sa communauté un meilleur milieu de vie, pour tirer parti de la démocratie et pour changer les choses, l'éducation est la clé. Tous les élèves devraient avoir la chance d'acquérir les connaissances nécessaires afin de s'engager dans la démocratie. C'est là que le Civics Education Network (CEN) entre en jeu.

En tant que professeur au niveau secondaire en Ontario, je me suis rendu compte que nous rations une occasion en or. Les élèves de la 10e année doivent suivre un cours d'éducation civique, et le programme d'enseignement favorise même l'intégration de la participation citoyenne aux autres matières. Nous avons donc une formidable occasion d'enseigner la démocratie à tous les élèves de l'Ontario. Cependant, un problème simple et prévisible se pose : la majorité des professeurs qui donnent ce cours n'ont pas été initiés aux principes de la démocratie. Ils n'ont ni les connaissances ni les compétences nécessaires pour accomplir cette tâche, et ce, parce qu'ils n'ont pas reçu le soutien approprié.

En 2006, j'ai fondé le CEN pour contribuer à résoudre ce problème. L'idée était simple : aider les professeurs d'éducation civique et de politique à mieux enseigner la démocratie. Le CEN a immédiatement entrepris d'offrir à ces professeurs des occasions de perfectionnement professionnel, des ressources et des programmes visant à améliorer leurs compétences dans l'enseignement de la démocratie. L'initiative a rapidement porté ses fruits. Aujourd'hui, nous organisons une conférence annuelle et offrons notamment des ateliers en soirée, une base de données des ressources disponibles et un bureau des conférenciers.

Jusqu'à présent, nous avons tenu cinq conférences sur des sujets aussi variés que la capacité d'agir des jeunes, les administrations locales et l'enseignement de la participation citoyenne. Nous avons accueilli un large éventail de conférenciers, organisé de multiples ateliers et présenté à de nombreux éducateurs des ressources, des concepts et des pratiques exemplaires auxquels ils n'auraient pas eu accès autrement. Nous avons invité des militants et des politiciens de tous les horizons dans les classes pour inspirer, motiver et informer les élèves. Au moment où j'écris ces lignes, nous travaillons à élargir le CEN pour atteindre un plus vaste public, tissons des liens avec divers éducateurs et élaborons des pratiques exemplaires pour enseigner les façons de participer concrètement à la vie démocratique au Canada. Nous examinons aussi des moyens de célébrer les réussites et d'améliorer les résultats futurs.

Que puis-je faire pour m'engager dans la démocratie? Je peux montrer à la prochaine génération comment mettre la démocratie en pratique et en tirer parti.

À propos du Civics Education Network

Depuis 2006, le Civics Education Network travaille à améliorer l'enseignement de l'éducation civique et de la politique dans les écoles de l'Ontario. Son but est de voir tous les élèves de la province quitter le secondaire animés d'une passion pour la participation citoyenne et bien outillés pour devenir des citoyens actifs.


Les chiffres sont en notre faveur. Nous, jeunes Canadiens, devons vraiment, vraiment transformer nos valeurs en votes

Youri Cormier

Youri Cormier
Directeur exécutif, L'apathie c'est plate
@YouriCormier
@apathyisboring

C'est faux de dire que la participation électorale globale au Canada est faible. En fait, la réalité est plus complexe : c'est la segmentation qui compte. Le taux de participation au scrutin chez les Canadiens de 65 à 74 ans n'a pas vraiment changé en 50 ans; il se maintient à 75 %. Chez les personnes de 55 à 64 ans, le taux de participation est de 71 %. Le problème? Ce sont nous, les vilains chenapans. À la dernière élection fédérale, 38,8 % des jeunes Canadiens de 18 à 24 ans ont décidé d'aller voter, et, dans le groupe des 25 à 34 ans, le taux de participation a été de 45,1 %. La pression à la baisse est principalement liée à notre manque de participation. Et comme nous sommes nombreux, ça se fait ressentir sur l'ensemble.

Et dès lors, les stéréotypes entrent en scène : nous sommes paresseux, nous nous en fichons, nous ne sommes pas intéressés... Lawrence Martin, du Globe and Mail, est allé un peu plus loin : « Au lieu de lutter pour le changement, (les jeunes Canadiens) se complaisent dans leurs caprices et leurs privilègesnote 1. » Vraiment? Lorsqu'on voit l'envergure de mouvements dirigés par les jeunes comme Occupons Wall Street ou les manifestations étudiantes au Québec en 2012, il est difficile de croire ceux qui disent que les jeunes Canadiens ne sont vraiment pas intéressés. Au contraire, certaines études démontrent que la Génération Y est plus impliquée, son taux de volontariat est à la hausse relativement à la Génération X qui la précède. Les membres de ma génération ne sont pas désintéressés sur le plan politique, même si beaucoup d'entre nous le sont peut-être sur le plan électoral. Il y a une différence. Dans les paragraphes suivants, je veux m'attaquer aux stéréotypes et traiter des raisons pour lesquelles les jeunes ne votent pas et comment les chiffres démontrent qu'on devrait vraiment, mais vraiment, le faire. Je glisserai aussi quelques mots sur les mesures que l'on peut prendre afin d'inciter le plus de jeunes à aller voter.

De nombreux facteurs contribuent au désintérêt électoral et, franchement, cela n'a probablement rien à voir avec des idées préconçues au sujet de l'identité « générationnelle » ou des prédispositions. Nouvelle époque, nouvelles réalités. Premièrement, nous sommes plus nombreux à être diplômés, donc, beaucoup d'entre nous avons dû quitter notre communauté pour aller au cégep et à l'université. On bouge plus que les générations précédentes. La rareté des emplois pour notre génération nous impose aussi de partir d'un bout à l'autre de la province, du pays, du monde pour se dénicher un boulot. Si vous êtes comme moi, vous avez peut-être déménagé sept fois au cours des cinq dernières années pour le travail et les études. Or, après chaque déménagement, vous devez faire mettre à jour votre inscription à Élections Canada chaque fois que vous voulez voter. Si vous êtes colocataire, et non pas le signataire du bail, il se pourrait que vous ne receviez pas de carte de rappel lorsque des élections ont lieu. C'est plus compliqué pour moi que pour mes parents, qui ont vécu dans deux maisons différentes au cours des 26 dernières années et qui résident dans la même région depuis la fin des années 60.

Cela dit, le fait d'avoir plus facilement accès au vote n'a pas nécessairement la plus grande influence sur la participation électorale; la question consiste en fait à trouver la motivation pour aller voter. Pourquoi devrions-nous le faire? Lorsque vous y songez bien, vous vous rendez compte que les raisons sont très convaincantes.

Souvent, les jeunes disent qu'ils ne votent pas pour les « raisons » suivantes : 1) ils ont l'impression de ne pas être suffisamment informés, 2) ils pensent que tous les candidats se valent, ils allèguent chaque fois la corruption et le manque de transparence ou 3) en votant, ils ne font qu'approuver un système qui, au départ, les met colère. En ce qui concerne les deux premiers points, c'est un peu facile comme raisons. Nous sommes la génération la plus informée de l'histoire de l'humanité. Nous avons littéralement tout à portée de la main. Si vous voulez connaître les différences réelles entre les candidats, leur biographie, leurs programmes et leurs discours sont tous accessibles en ligne. Il se pourrait que nous nous sentions dépassés par une aussi grande quantité d'information, auquel cas il est important que des organisations comme L'apathie c'est plate fournissent des outils pour aider les jeunes à accéder à toute cette information et à l'assimiler. Pour ce qui est de la corruption et du manque de transparence, la démocratie est le meilleur outil à notre disposition pour les réduire au minimum; en effet, nous avons le pouvoir d'engager les bonnes personnes et de renvoyer celles qui ne conviennent pas. Lorsque vous votez, vous faites connaître vos attentes et vous exercez un contrôle sur les politiciens. Pas facile de stopper et de remplacer un régime corrompu sans démocratie, demandez-le aux jeunes qui ont participé au Printemps arabe et qui vivent encore ses conséquences. Chez nous, les maires n'ont pas d'impunité s'ils se font prendre dans des histoires de fraude... c'est la prison

La troisième raison est plus difficile à traiter. Il est normal que des griefs se posent lorsqu'on vit en collectivité. Par exemple, nous savons qu'aujourd'hui, les jeunes Canadiens sont plus pauvres que jamais par rapport au reste de la sociéténote 2. On soutient qu'en raison de la situation démographique, les politiciens n'écoutent pas les jeunes... ils écoutent les membres de la génération du baby-boom et les Canadiens âgés parce qu'ils forment la majeure partie de l'électorat. Il est possible que les politiciens adoptent, par stratégie, des lois qui leur garantissent des votes de la part des générations âgées, au risque de s'aliéner les jeunes générations, parce que c'est payant lors des élections. Depuis le début des années 1990, non seulement les coûts liés aux études augmentent-ils, mais les perspectives d'emploi pour les diplômés ne s'améliorent pas, bien au contraire. Le chômage chez les jeunes a augmenté par rapport au taux de chômage global et la crise économique a frappé les jeunes beaucoup plus durement que les Canadiens âgés... souvent, nous étions les premiers mis à la porte lorsque les choses se sont mises à mal tourner, et les derniers réembauchés lorsque la situation s'est améliorée. Il y a donc de la colère et un sentiment d'injustice et les gens montrent du doigt les politiques économiques des différents paliers de gouvernement, ou la direction que prennent leurs choix d'investissements des fonds publiques. Mais c'est un cercle vicieux : moins le nombre de jeunes Canadiens qui votent est élevé, plus les politiciens seront incités à tenter de recueillir le vote des Canadiens âgés dont le nombre est plus grand et qui sont proportionnellement deux fois plus nombreux à voter que les jeunes. En se retirant du système, on est certain de passer inaperçu. Or, aussi valables soient ces trois raisons, aucune ne justifie de ne pas voter, c'est plutôt le contraire.

Dans un système majoritaire uninominal à un tour, comme au Canada, regroupant cinq grands partis et des dizaines de petits partis répartis dans 308 circonscriptions (338 circonscriptions à compter de 2015), ce n'est pas vrai que votre vote n'est qu'une infime fraction parmi 24 millions d'électeurs inscrits. En fait, les députés sont élus d'après un nombre de votes qui se compte en milliers, pas en millions, et l'écart entre les trois premiers candidats se mesure parfois en centaines de votes. Si vous pouvez convaincre 100 personnes dans votre circonscription de voter comme ceci ou comme cela, vous pouvez en fait avoir beaucoup plus d'influence que vous ne l'imaginez. Saviez-vous que si vous-même allez voter, les chances sont 60 % plus grandes que les gens vivant avec vous fassent de mêmenote 3? Le vote est contagieux. Et en plus, on en prend l'habitude. Les personnes qui choisissent de voter aux deux premiers scrutins auxquels ils sont éligibles, dès qu'ils en ont l'âge, tendent à aller voter pendant toute leur vienote 4. Et le contraire est également vrai, ne pas voter, ça finit par devenir une habitude. Pour sauvegarder notre démocratie à long terme, il faut concentrer tous nos efforts sur ces deux premiers votes. C'est comme ça qu'on peut s'assurer une présence forte, voire déterminante, dans le système politique. Faire sortir le vote des jeunes, c'est dire aux politiciens : « Hé! On est là! On vote!. Qu'avez-vous à nous offrir? »

Nous, les jeunes de 18 à 34 ans constituons une énorme part de la population canadienne: nous sommes environ 8 millions, et nous sommes même plus nombreux que les baby-boomers. Et l'effet potentiel de notre poids démographique? Aux fins de comparaison, à la dernière élection, les conservateurs l'ont emporté avec 5,8 millions de votes, le NPD a recueilli 4,5 millions de votes, les libéraux en ont obtenu 2,8 millions, le Bloc a récolté 810 000 votes et le Parti vert, 572 000note 5. Si le taux de participation chez les jeunes admissibles au vote était de 75 %, comme chez les Canadiens âgés, au lieu de 38,8 % et 45,1 %, il y aurait 2,6 millions de bulletins de vote de plus dans les urnesnote 6. Suffisamment pour configurer le Parlement de n'importe quelle manière qui nous plaise.


Note 1 www.theglobeandmail.com/commentary/if-theres-an-inspiration-deficit-in-our-politics-blame-it-on-the-young/article788735/ (10 août 2009). [traduction]

Note 2 Statistiques en français dans cet article de ma plume paru dans La Presse : www.lapresse.ca/opinions/201107/15/01-4418356-pauvres-tanguy.php.

Note 3 David Nickerson, « Is Voting Contagious? Evidence from Two Field Experiments », American Political Science Review 120, 1, 2008, en ligne, 21 juin 2013.

Note 4 Mark N. Franklin, Voter Turnout and the Dynamics of Electoral Competition in Established Democracies Since 1945, Cambridge, Cambridge University Press, 2004.

Note 5 http://www.parl.gc.ca/Parlinfo/Compilations/ElectionsAndRidings/ResultsParty.aspx?Season=0&Parliament=1924d334-6bd0-4cb3-8793-cee640025ff6&Language=FF&Language=F.

Note 6 D'après des données démographiques de Statistique Canada, 2012, www.statcan.gc.ca/tables-tableaux/sum-som/l02/cst01/demo10a-fra.htm.


Promouvoir la démocratie au quotidien et célébrer le 150e anniversaire du Canada – Questions et réponses – Rencontre avec Peter MacLeod, directeur de MASS LBP

Peter MacLeod

Peter MacLeod
directeur de MASS LBP
@petermacleod
@masslbp

Comment votre entreprise s'efforce-t-elle de mettre la démocratie en pratique?

Chez MASS LBP, nous cherchons continuellement des moyens de rejoindre les Canadiens et de leur faire une place, pour qu'ils participent à quelques-unes des discussions d'intérêt public les plus intéressantes au pays, par exemple des discussions sur l'éventail de services offerts par l'hôpital local ou sur des façons d'atténuer les changements climatiques. En fait, nous croyons que les gouvernements de tous les ordres pourraient en faire davantage pour faire participer les Canadiens plus efficacement et avec plus de créativité. Au cours des sept dernières années, nous avons mis au point quelques techniques fort intéressantes qui permettent d'ouvrir le processus décisionnel et de placer les citoyens en son centre.

MASS LBP est réputée pour avoir imaginé la loterie citoyenne et le groupe de référence citoyenne. Comment fonctionnent ces mécanismes?

C'est difficile à croire, mais nous avons déjà constitué 18 groupes de référence citoyenne au nom de différentes organisations publiques. Chaque groupe, qui comprend de 24 à 36 citoyens choisis au hasard, se réunit, un peu comme un jury, pour dégager un consensus approximatif et présenter un avis stratégique détaillé au gouvernement. Au cours de la dernière année, nous avons organisé des groupes sur une foule de sujets, qu'il s'agisse de nouvelles dispositions législatives sur les condominiums en Ontario, d'une stratégie d'investissement de 50 milliards de dollars de l'administration régionale de transport de Toronto ou d'une nouvelle politique sur les arts pour la Ville de Calgary. Nous utilisons ces deux mécanismes pour susciter un dialogue public qui représente la collectivité élargie et qui peut aller davantage en profondeur afin de concilier les divergences d'opinions. Le plus remarquable est que ce travail, fondé sur l'expérience historique des assemblées de citoyens sur la réforme électorale en Colombie-Britannique et en Ontario, fait du Canada un centre de plus en plus reconnu en matière d'innovation démocratique.

Qu'est-ce qui incite les citoyens à participer?

Personnellement, je crois que nous sous-estimons grandement le goût et la volonté des Canadiens de jouer un rôle plus important dans les affaires publiques. Mais voilà le nœud de l'affaire. Cela ne sert pas à grand-chose de demander aux gens ce qu'ils pensent. Nous devons plutôt leur offrir la possibilité de participer à la recherche de solutions. Les gens veulent donner un coup de main davantage que dire ce qu'ils pensent. Essentiellement, nous élaborons nos projets de manière à briser ce qui est devenu un cycle d'attentes peu élevées – car les citoyens sont souvent sceptiques par rapport au gouvernement et souvent les gouvernements développent une véritable aversion pour le dialogue ouvert.

Et où se situent les élections dans tout cela?

Les élections sont essentielles pour la légitimité et la solidité de nos institutions démocratiques; il faut toutefois se rappeler que la démocratie ne se manifeste pas uniquement aux élections. C'est pourquoi nous insistons sur l'engagement des citoyens entre les élections. En fait, je crois qu'il existe un rapport très positif entre, d'une part, les excellentes possibilités qui s'offrent aux gens de se renseigner sur le travail du gouvernement et d'y contribuer, hors des périodes électorales, et, d'autre part, le fait que davantage de gens participent au processus électoral. Nous le constatons dans le cadre de notre travail où, pour la première fois, des gens se sentent appréciés par des décideurs, et chez certains gouvernements – notamment dans le nord de l'Europe – où les partis politiques et les gouvernements ont une tradition beaucoup plus forte de participation citoyenne. 

Quels sont vos projets?

Nous avons bien des projets – et bien des projets aussi pour le Canada. En 2017, nous célébrerons le 150e anniversaire de la Confédération; c'est important. Nous y travaillons tranquillement depuis déjà plusieurs années. Le printemps dernier, nous avons collaboré avec CBC/Radio-Canada, les Fondations communautaires du Canada et VIA Rail en vue d'entamer un dialogue national sur ce 150e anniversaire. Nous croyons que 2017 offrira aux Canadiens un grand nombre de possibilités intéressantes et formatrices de s'associer, de collaborer et d'apprendre les uns des autres. Chaque Canadien devrait participer non seulement aux festivités mais également à leurs préparatifs. Nous sommes une petite boîte, mais nous faisons notre possible pour que le pays soit prêt!


Soyez du nombre! – La démocratie au-delà du scrutin

Jessica McCormick

Jessica McCormick
Présidente national
Fédération canadienne des étudiantes et étudiants
@jessmccormick
@CFSFCEE

De nos jours, tout le monde a son opinion sur les jeunes. « Ils ont le droit de vote, mais ils s'en fichent; ça les laisse indifférents! » Dans les médias, dès qu'il est question de la participation des jeunes lors d'un scrutin, on parle de leur indifférence. Mais est-ce vraiment de l'indifférence? Notre génération est-elle indifférente? Est-il vrai qu'une génération entière ne se soucie pas de sa qualité de vie? Pour ma part, je ne le crois pas; en fait, je pense que c'est plutôt une excuse boiteuse donnée par des gens qui ne souhaitent pas regarder la réalité en face. Bon nombre de jeunes ne vont pas voter parce qu'ils sont désintéressés et ont le sentiment d'être privés de leurs droits et, bien franchement, d'être impuissants. Pendant les campagnes, la plupart des candidats aux élections ne parlent pas des enjeux qui touchent les jeunes et ne leur tendent pas la main; et, lorsqu'ils le font, c'est souvent pour la forme à l'occasion d'une séance de photos au cours de laquelle ils distribuent des poignées de main. Si les personnes dont le nom figure sur le bulletin de vote ne parlent pas des valeurs, des opinions et des enjeux qui nous importent, nous pouvons facilement avoir le sentiment de ne pas avoir notre mot à dire dans le processus. Mais la solution ne consiste certainement pas à tourner le dos à la politique.

Car la démocratie va bien au-delà du simple fait de voter. La démocratie, c'est contribuer à façonner sa collectivité, sa société et ne pas laisser quelqu'un d'autre prendre toutes les décisions. Dans le contexte politique actuel, on peut facilement se sentir rejeté et ignoré; et, malheureusement, c'est exactement ce que certaines personnes en position de pouvoir souhaitent que nous ressentions. Si nous faisons cela, nous laissons les électeurs qui exercent leur droit de vote, ceux qui parlent le plus fort ou ceux qui ont le plus d'argent – c'est-à-dire ceux qui ont le pouvoir – prendre toutes les décisions, sans égard pour nous, les jeunes.

Que ce soit le transport en commun, les logements à prix abordables ou les droits de scolarité, en passant par le chômage des jeunes, pratiquement tous les volets de notre vie sont influencés par les décisions que prennent nos élus. Il peut sembler plus simple d'ignorer ce qui se passe dans les salles des conseils d'administration ou sur la Colline du Parlement, mais le fait est que ces décisions ont une incidence sur nos vies, que cela nous plaise ou pas. Nous ne pouvons pas rester les bras croisés pendant que d'autres décident de notre avenir. Pour que la démocratie fonctionne, les jeunes ne doivent pas s'en exclure, ils doivent y participer.

Il n'y a pas un âge à partir duquel votre avis compte; votre avis compte dès lors que vous faites en sorte que ce soit le cas. On peut participer à la vie démocratique et jouer un rôle actif entre les élections de bien des manières. Écrire à son député, prendre part à des assemblées publiques, participer à l'œuvre d'un organisme communautaire ou à une collecte de fonds, voilà autant de façons d'unir ses forces en tant que société et de travailler ensemble à la construction d'un pays où chacun a sa place. C'est l'essence même de la démocratie.

Les jeunes méritent d'avoir leur mot à dire sur le monde dans lequel ils vivent – pas demain, ni après-demain mais dès maintenant. Nous méritons d'être traités comme des acteurs à part entière de la démocratie... à la condition toutefois de jouer le jeu.


La démocratie canadienne n'est pas réellement en crise, mais nos institutions politiques doivent être revitalisées

Max Cameron

Max Cameron
Centre for the Study of Democratic Institutions
Department of Political Science
Université de la Colombie-Britannique
@MaxwellACameron
@UBCDemocracy

La démocratie canadienne n'est pas réellement en crise, mais nos institutions politiques doivent être revitalisées. De nombreuses personnes, en particulier les jeunes, ne considèrent plus l'arène politique comme le lieu du changement. Mais si peu de mes étudiants souhaitent se présenter aux élections, beaucoup sont soucieux du public. Ils préfèreraient ouvrir un café équitable, utiliser les médias sociaux pour sensibiliser le public à l'environnement ou à la pauvreté, ou recueillir des fonds pour la recherche sur le cancer ou la sclérose en plaques. Ils ont l'esprit civique, mais la politique n'est pas leur vocation.

Beaucoup de personnes hésitent à participer à la vie politique vu sa mauvaise presse. Les scandales sur les dépenses, la partisanerie excessive et malsaine, et l'accent mis par les médias sur le spectacle politique plutôt que sur l'adoption des lois nuisent à la réputation des politiciens. Les Canadiens rejettent la culture du « tout m'est dû », les bouffonneries de la période de questions, l'intimidation et les querelles internes. C'est pour cette raison que le Centre for the Study of Democratic Institutions de l'Université de la Colombie-Britannique a créé le premier Institut d'été pour les futurs législateurs (Summer Institute for Future Legislators).

Nous sommes partis du principe que les universités peuvent et devraient préparer les gens à la vie publique. Il ne s'agit pas d'un cours magistral, mais d'une formation et d'un encadrement offerts par des spécialistes qui peuvent aider à inculquer les aptitudes et les connaissances nécessaires au législateur efficace. L'Institut d'été était multi partisan: nous avons invité des spécialistes et des intervenants de tous les partis. La seule exigence était que les candidats s'intéressent à la politique. Nous avons recruté plus de 50 hommes et femmes de tous les âges et milieux : des personnes des milieux des affaires et des médias, des étudiants, des membres des Premières nations, des avocats et des fonctionnaires. Ces personnes ont suivi une sorte de formation intensive : quatre ateliers donnés le samedi, suivis d'un module de simulation de parlement à Victoria. D'autres ont pu participer en ligne.

La formation intensive n'a pas seulement favorisé un plus grand intérêt envers la carrière politique, mais elle a montré ce à quoi pourrait ressembler la démocratie. Plutôt que de reproduire les affaires parlementaires courantes, nos aspirants politiciens ont placé la barre très haut. Ils sont ressortis avec une meilleure connaissance des exigences de la vie politique. Toutefois, ils n'en ont pas été découragés. Ils ont plutôt eu l'impression de mieux savoir dans quoi ils s'embarquaient. Nous avons constaté l'efficacité de la réflexion de groupe lorsque les participants ont commencé à travailler en équipe. Nous avons également remarqué à quel point les participants avaient de la facilité à contrôler et à surmonter la tendance à intimider, à monopoliser l'attention et à exclure. Ainsi, une fausse loi a été adoptée par la vaste majorité à la suite de discussions impressionnantes. Un sentiment d'accomplissement était palpable à la clôture de la séance.

En préparant les gens à la vie publique, nous pouvons encourager davantage de personnes à entrer en politique, mettre à profit l'esprit civique de certains de nos meilleurs citoyens, et montrer qu'on peut faire de la politique autrement. Il s'agit simplement d'un moyen parmi d'autres de rétablir la relation entre les citoyens et la démocratie.

Cordialement,

Max


Archives 2012



Le 21 septembre 2012

Ma première expérience de conduite d'une élection fédérale

J'ai été nommé directeur général des élections du Canada en février 2007; j'ai donc conduit une élection fédérale pour la première fois à l'automne 2008. J'ai été surpris d'apprendre que des bulletins de vote spéciaux seraient expédiés vers des navires naviguant sur la voie maritime du Saint Laurent pour que les travailleurs à bord puissent voter. En fait, les citoyens canadiens qui travaillent dans des endroits éloignés partout au pays – et même ceux qui se trouvent temporairement à l'étranger – ont l'occasion de voter lors d'une élection.

Pendant l'élection fédérale de 2011, nous avons dû faire face à des inondations au Manitoba. Toutefois, grâce aux efforts du directeur du scrutin local et de son équipe, les évacués des zones touchées ont quand même pu voter.

Les efforts déployés sur place par le directeur du scrutin pour les zones touchées par les inondations au Manitoba lors de l'élection fédérale de 2011 étaient louables. Ils montrent que des gens font tout ce qu'ils peuvent pour servir les Canadiens et leur donner l'occasion de voter. Les évacués des nations du Manitoba ont pu voter malgré les circonstances. Chaque élection comporte son lot de défis qui, à mon avis, sont trop souvent oubliés ou méconnus et il conviendrait d'y réfléchir.



Le 20 septembre 2012

« La démocratie 24 heures sur 24, 7 jours sur 7 » : comment pouvons-nous pratiquer la démocratie au quotidien?

La démocratie n'est pas un exercice à pratiquer une seule fois tous les quatre ans, le jour de l'élection. Nous devons la pratiquer chaque jour. J'ai toujours essayé de faire comprendre, surtout à mes enfants, que la démocratie fait partie intégrante de notre vie. Pour faire un choix éclairé le jour de l'élection, nous devons nous tenir informés.

Il est important de connaître les enjeux actuels et les opinions qu'ils suscitent. Nous devons nous informer sur ces enjeux et nous débarrasser des perceptions, des partis pris et des messages tout faits. Nous devons examiner leurs répercussions sociales et économiques et tenir compte de diverses sources d'information pour recueillir différents points de vue. Si vous avez des idées arrêtées sur un sujet, faites part de votre opinion aux autres en rédigeant une lettre à la rédaction pour votre journal local, en signant une pétition ou en diffusant votre message dans les médias sociaux. N'hésitez pas à vous prononcer sur les enjeux qui vous tiennent à cœur. Si vous êtes en accord ou en désaccord avec ce que dit ou fait un parti politique ou le gouvernement, écrivez à votre député. Ne sous-estimez jamais l'influence que vous pouvez avoir. Votre député accordera toujours de l'attention à ce que vous dites, même si cela ne semble pas toujours évident. Au bout du compte, n'oubliez pas de voter – cela reste le meilleur moyen de vous assurer que votre voix sera entendue!




Le 19 septembre 2012

Ce que j'ai appris depuis que je suis devenu le directeur général des élections du Canada

Depuis que j'occupe ce poste, j'ai notamment appris que le processus électoral a une riche histoire. Le changement ne se fait ni rapidement, ni facilement : il prend du temps. Cela s'explique, entre autres, par l'attachement des gens au processus de vote et par l'intérêt direct des acteurs politiques à son égard.

Nous avons un système très ancien, et sa longue tradition témoigne de sa valeur. Le rituel qui consiste à marquer un bulletin de vote dans un lieu public a ses avantages. Les gens sont très attachés à cette tradition. Les jeunes n'y accordent peut-être pas autant d'importance que les générations précédentes, mais je crois qu'il est important de respecter les traditions de ces dernières.

Je pense qu'il est possible que nous commencions à voir des gens participer à la vie démocratique, de façon tant officielle que non officielle, plus directement qu'ils ne l'ont fait jusqu'à maintenant. Les médias sociaux joueront un rôle crucial dans ce changement. Dans le contexte de l'émergence des nouvelles technologies et des médias sociaux, les plateformes comme Twitter et Facebook permettent aux Canadiens de participer davantage à la vie démocratique. Il reste à voir comment la situation évoluera, mais les citoyens peuvent de plus en plus facilement communiquer entre eux et avec leurs élus.

Je pense que nous avons tendance à associer les technologies aux jeunes. Pourtant, ma mère, qui est décédée il y a deux ans à l'âge de 90 ans, se servait de son ordinateur tous les jours. À mon avis, de plus en plus de gens se familiarisent avec la technologie et sont à l'aise d'y recourir. Élections Canada adopte également la technologie et étudie des manières de l'intégrer au processus électoral. En même temps, nous sommes conscients que certaines personnes ne peuvent utiliser la technologie ou y accéder facilement, et nous continuerons de leur offrir des services de rechange.



Le 18 septembre 2012

Comment j'ai réussi à susciter l'enthousiasme de mes enfants pour la démocratie et le vote

Pour mon épouse et moi, la participation de nos enfants au processus démocratique a toujours été une priorité. C'est une valeur qui m'a été transmise par mes parents et que je voulais donc inculquer à mes enfants. Lors des élections, nous avions des discussions avec nos deux fils, ce qui leur a permis de participer au processus à un jeune âge. Nous les emmenions aussi au bureau de scrutin avec nous. Évidemment, une fois que nous avions déposé notre bulletin de vote, ils nous demandaient toujours pour qui nous avions voté, ce à quoi nous répondions toujours « c'est un secret ». Voilà un exemple de moyen auquel nous avons recouru afin de susciter l'intérêt et l'enthousiasme de nos enfants pour le vote.

De plus, nous avons toujours encouragé nos enfants à être curieux et à poser des questions sur ce qu'ils lisaient et entendaient. Nous les avons incités à utiliser diverses sources d'information, y compris des leaders d'opinion avec qui ils étaient peut-être en désaccord. Nous voulions que nos enfants se fassent leurs propres opinions et soient conscients que celles des autres pouvaient être différentes. Nous les avons encouragés très jeunes à se joindre à des groupes de discussion – pour qu'ils apprennent non seulement à parler devant un public, mais aussi à bien formuler leurs idées et à mieux se préparer à les communiquer aux autres. Nos enfants ont maintenant 23 et 24 ans, et nous sommes fiers de pouvoir dire qu'ils sont des citoyens éduqués et engagés.



Le 17 septembre 2012

Pourquoi il est important de participer à la vie démocratique

Il est extrêmement important que les jeunes participent à la vie démocratique. La participation des jeunes constitue une priorité pour nous, à Élections Canada. Les jeunes commencent à s'impliquer dans des dossiers et des causes qui les passionnent, et ils agissent pour se faire entendre. Comme beaucoup utilisent maintenant les médias sociaux, ils peuvent communiquer entre eux partout au pays et échanger leurs idées et leurs opinions avec leurs pairs comme cela n'a jamais été possible auparavant. Ces nouvelles possibilités donnent aux jeunes des moyens d'agir et des occasions de se faire entendre.

À ce sujet, nous ne pouvons ignorer le mouvement étudiant au Québec. Je crois que peu importe la position sur la question, il faut reconnaître que la détermination des étudiants et les capacités dont leurs leaders ont fait preuve sont impressionnantes. Les étudiants devraient être félicités de leur solidarité, car ils ont continué à manifester leur opinion malgré l'opposition, les autorités ayant tenté sans succès de diviser le mouvement. L'influence qu'ont eue ces étudiants s'étend au-delà de l'enjeu initial des droits de scolarité. Non seulement ils ont montré une passion et un dévouement pour une cause qui leur tient à cœur, mais ils ont aussi fait preuve d'extraordinaires aptitudes à communiquer. Ils ont été en mesure de s'exprimer d'une seule voix et d'émettre une opinion bien arrêtée et informée sur les enjeux auxquels ils sont actuellement confrontés.

Il a été très impressionnant de voir comment une génération peut se mobiliser et établir le contact avec d'autres groupes de la société. Il est important d'avoir de jeunes leaders, car ils sont capables d'inciter leurs pairs à passer à l'action et de favoriser la discussion parmi les jeunes qui ne souhaitent peut-être pas participer publiquement. Plus les jeunes en apprennent sur les enjeux en question, plus ils participeront au processus démocratique et au vote.



Le 14 septembre 2012

La toute première fois que j'ai voté

J'avais 19 ans lorsque j'ai voté pour la première fois. Je crois que c'était en 1972, mais je ne me rappelle plus trop s'il s'agissait d'une élection provinciale ou fédérale. Nous vivions une époque à la fois passionnante et inquiétante. De nombreux enjeux captivaient les gens d'un bout à l'autre du pays. Tout d'abord, il y a eu la crise d'octobre en 1970, déclenchée quand deux hauts fonctionnaires ont été enlevés par des membres du Front de libération du Québec (FLQ), un groupe nationaliste québécois d'extrême gauche. Ces événements ont profondément bouleversé ceux qui vivaient alors à Montréal. Le premier ministre Trudeau avait fait appel à l'armée pour aider les services de police; des soldats étaient alors postés à tous les coins de rue pour assurer la protection des citoyens.

Un autre sujet chaud au Québec était le projet de loi C-63, qui a soulevé la controverse parce qu'il faisait la promotion de la langue française dans la province. Cet enjeu a provoqué de nombreuses protestations; je me rappelle d'ailleurs avoir participé à une manifestation d'étudiants à Montréal. Il semblait y avoir plus de 10 000 étudiants venus de tout le Québec, qui se prononçaient pour ou contre le projet de loi. Prenant part à la manifestation, j'ai pu demander aux gens pourquoi ils appuyaient le projet de loi ou s'y opposaient. En fait, beaucoup n'en avaient aucune idée : ils étaient là seulement parce que tout le monde y était. J'ai ainsi appris que pour participer d'une façon qui ait un sens, il faut être informé.

Je pense que toutes ces expériences ont fait de moi un citoyen engagé. En tant que directeur général des élections du Canada, je ne vote pas aux élections fédérales, car je dois rester non partisan. Même si je peux voter aux élections provinciales et municipales, j'ai hâte de pouvoir exercer de nouveau mon droit de vote à l'échelle fédérale.



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